Le syndrome de l’imposteur

Hier matin, j’ai fait une petite (longue) story sur le syndrome de l ‘imposteur et pourquoi les formations, podcasts et autres ne vous diront jamais la vérité quand il s’agit de ce symptôme.

Mon avis sur le syndrome de l’imposteur choquant !

Si vous pensez être un imposteur alors c’est que vous en êtes un (ou une, ou ce que vous voulez adapter à votre genre).

Très simplement, si vous voulez être écrivain, dentiste, professeur, banquier, coach (ou autre), et que tout les matins vous vous dites : « Moi, je suis un imposteur », « Moi, jamais je ne serais bon parce que ceci ou cela » et bien vous êtes un imposteur, vous êtes nul et vous ne serait jamais légitime et vous savez quoi, je ne vais pas vous plaindre. Il y a trop de coachs ou de gens qui vous diront être coach pour vous traiter avec bienveillance et vous confortez dans l’idée que vous avez de la valeurs, mais sans jamais vous dire la vérité en face. Si vous décidez d’être quelqu’un même sans valeurs, c’est VOTRE CHOIX ! Ne vous étonnez pas que les autres le respecte.

Si vous me dites : « Je suis un imposteur » et que je vous réponds « eh bien, oui tu es un imposteur », ça vous fait mal, ça vous blesse, ça pique, ça tiraille, ça énerve, ça désespère… Tant mieux. D’ailleurs, plus vous ressentez de peine, de colère, de haine, plus ça va dans le bon sens, vous savez que vous avez tort.

Le syndrome de l’imposteur, qu’est ce que c’est ?

Il s’agit d’un symptôme, plus que d’un syndrome, selon moi. Un symptôme qui vous fait prendre conscience d’une chose : vous n’êtes pas légitime dans votre travail (ou passion ou ce que vous voulez). Vous ne vous sentez pas légitime, personne ne dit que les autres ne vous trouve pas légitime, mais vous vous dites que vous ne l’êtes pas. Dans certains cas, effectivement vous ne l’êtes pas.

Exemple de cas précis de non légitimité avérée :

Si vous n’avez pas fait d’études en médecine et que vous n’avez pas de diplôme, vous n’êtes pas légitime à vous dire médecin, cela va de soi, personne ne va aller à l’encontre de cette idée, quand bien même vous auriez très envie d’être médecin. Donc jamais vous ne diriez être médecin en ayant la légitimité de le faire. Ou alors ça serait de l’exercice illégal de la médecine et en France c’est puni par la loi. Bref, c’est un cas ou effectivement pour être légitime, il faut : des études, un diplôme, une reconnaissance par les paires, un titre, un cabinet (ou pas mais admettons un endroit où faire son métier), des instruments médicaux,… Il y a tout un tas de choses qui font que l’on est légitime sous certaines conditions qui sont plus ou moins vastes, dans tous les cas définit par : études + diplôme + inscriptions à l’ordre des médecins pour pratiquer. Si vous n’avez pas cela, vous pourriez avoir sauvé la vie de millions de gens, vous ne seriez pas légitime à vous dire médecin quoi que vous pensiez de vous-même.

Le cas de l’écriture :

Quand on est écrivain, en France, il n’y a pas de diplôme. Il n’y a pas de formation professionnelle. Il n’y pas de cursus pour se dire écrivain. On n’a pas le titre d’écrivain à la suite d’études, de rendu de mémoire, de thèse, de recherches, d’années de travail… Non, il n’y a rien qui légalement justifie le fait d’être écrivain. Sauf pour les impôts ou la CAF où vous êtes « artiste-auteur » si vous touchez des droits d’auteurs. Donc à la limite, on pourrait dire que la légitimité d’être écrivain viendrait en touchant des droits d’auteurs. Donc l’année ou vous ne touchez pas de droits, vous ne seriez plus auteur ? Hummm, non, ça ne marche pas.

Pour certains, ça serait signer un contrat d’édition. On est écrivain quand on a un contrat. Ah, oui, mais si on ne signe un contrat que pour un livre et que ce n’est pas un roman, mais une thèse ou un essai professionnel, ou un autre type de « livre » mais pas vraiment un livre où l’on pourrait se dire « écrivain ». Si on s’auto-publie, c’est la même chose, pas de contrat d’édition. Donc on en revient à cette idée qu’il n’y a pas de « quelque chose » de précis qui ferait le titre d’écrivain.

Et puis vous pourriez demander à 1 000 auteurs pas l’un n’a la même définition donc pour être légitime à être écrivain, il n’y a rien de concret, de palpable, de tangible. Il faut faire avec soi-même. C’est pour cela que tant d’auteurs se disent imposteurs, même si ça arrive dans toutes les professions, même quand on a un diplôme, une fiche de paie et la reconnaissance de ses pairs. Et c’est là que je veux en venir :

Si vous vous sentez être un imposteur c’est que vous en êtes un !

Pourquoi je dis cela ? Très simplement parce que nous sommes ce que nous pensons de nous-mêmes. Notre cerveau est malléable, plus exactement nos pensées le sont. Nos pensées sont notre réalité. Si vous pensez « je suis un bon à rien » vous êtes un bon à rien. Si vous pensez « je suis génial », alors vous l’êtes. Ou en tout cas, vous allez tout faire pour le devenir, inconsciemment afin de correspondre à l’image que vous avez de vous-même. L’exemple le plus puissant c’est le « je ne suis pas du matin », « ah non, moi, non, je ne suis pas du matin« . Imaginez que vous deviez vous lever à 5h pour aller travailler, « ah non, moi, non, je ne suis pas du matin, bouh j’ai trop de mal à me lever à 5h », pareil si vous voulez écrire mais que vous n’avez pas le temps parce « ah non, je ne suis pas du matin, je ne peux pas me lever à 5h pour écrire 1h par jour« , vous n’arriverez pas à vous lever à 5h du matin, ou vous serez fatigué, irritable, mal dans votre tête.

Mais si demain, (enfin pas demain à cause de la pandémie), on vous dit « Hey faut que demain, tu te lèves à 5h pour prendre ton avion pour aller à (là où vous avez envie d’aller le plus au monde). » Vous allez vous lever à 5h, vous serez du matin et vous en serez super heureux et impatient. Si vous dis « demain, si tu te lèves à 5h, je te donne 1 million d’euros » beaucoup de gens même « non du matin » se lèveront à 5h. Ils le feront pour la récompense. Cela pourrait marcher aussi, si je vous disais « demain, si tu ne te lève pas à 5h je tue toute ta famille » car là, il y aurait une peur, un enjeu énorme. Cela ne faudrait que pour une fois, bien sûr, maintenant imaginez que tout les jours vous ayez un enjeu positif ou négatif énorme pour vous levez à 5 h, vous allez devenir du matin.

Le négatif finira par jour épuiser, par vous faire vivre dans l’angoisse, dans la peur de l’échec. « Si tu ne te lèves pas à 5h tous les jours, tu seras le plus mauvais des écrivains du monde. » Il y a de l’angoisse, vous serez donc toujours à penser à des mauvaises choses, à ce que vous n’aurez pas accompli, à la punition, et ça clairement c’est mauvais. Ce n’est pas à faire.

En revanche, si tous les jours vous dites : demain je me lève à 5h pour donner le meilleur de moi, pour avoir les bonnes choses que je souhaite voir dans ma vie, pour être heureuse ou heureux. Si à force de se lever à 5h la personne voit de bonnes choses se manifester dans sa vie, elle voudra toujours se lever à 5h pour les bons côtés. Il y aura des récompenses, de la joie et ça ira tout seul pour vous levez à 5h. Allez voir tous les commentaires des gens sur la page facebook du Miracle Morning, c’est impressionnant.

Ce que ce long exemple voulez vous faire comprendre c’est que le constat de départ est le même, une personne qui n’est pas du matin et qui pourtant change d’habitudes ne fait pas d’elle une personne différente, mais elle change son mental pour se conditionner à faire quelque chose de différent. C’est là tout l’enjeu du conditionnement mental.

Pour ne plus subir le syndrome de l’imposteur,

il y a le conditionnement mental

Bien sûr, conditionnement mental ça fait peur: on pense aux expériences des militaires. A des choses un peu glauques et dangereuses qui voudraient nous faire changer qui nous sommes. Alors oui, ça fait penser au secte aussi et c’est quelque chose de très dangereux. Il ne faut pas laisser une autre personne avoir le pouvoir sur notre esprit !

Sauf que le conditionnement mental quand il part de nous-même et qu’il vise à nous améliorer nous-même, pour nous-même et par nous-même est une bonne chose. Donc au lieu de passer votre temps à vous dire que vous êtes un imposteur, dites vous tout le contraire. Et oui, c’est facile, ce n’est que des mots, au début, vous ne le penserez pas. Bien sûr, si vous pensez être un imposteur dire « je suis légitime » vous paraîtra sans effet, stupide, idiot et dérangeant mais après tout, c’est aussi bien que de dépenser de l’argent en formation ou en coaching pour exactement la même chose.

Encore une chose, vous n’avez pas besoin des autres pour cesser d’être un imposteur, vous n’avez pas besoin des belles paroles d’autres personnes pour croire que vous êtes bon en tant qu’auteur. Vous n’avez besoin que de vous-même. On créé sa réalité, autant en créer une belle. Bien sûr, les mots et les intentions ne sont pas suffisant. L’écriture est un métier et peut-être que vous avez besoin de choses extérieures pour vous sentir légitime. Faites-le point avec vous-même.

Que faut-il pour être légitime ? Soyez réaliste, n’allez pas dire que vous avez besoin d’avoir vendu 10 millions d’exemplaires, parce qu’au fond vous savez que c’est faux. Un médecin n’a pas besoin de soigner 10 millions de gens pour être un médecin, n’est-ce pas ? Alors c’est pareil pour vous. Est-ce que vous avez besoin de vous former pour dire être un auteur ? Il existe des livres ou des formations, ça tombe bien. Est-ce que vous avez besoin d’avoir écrit une histoire complète ? Alors rien de plus simple travailler. Est-ce que c’est avoir du soutien d’autres personnes ? Allez sur internet il y a des gens prêt à vous soutenir. Est-ce que vous avez besoin de croire en vous-même ? Alors travailler. Si vous débutez et même si vous ne débutez pas, travailler encore et encore. Pourquoi ? Parce que vous n’êtes pas aussi bon que vous le deviendrez une fois le prochain projet achevé. Ce n’est pas de la méchanceté, c’est de la réalité. Vous pensez que les plus grands auteurs ne s’améliorent pas ? Eh bien, si. A chaque projet, ils développent leurs idées, leurs connaissances, ils se connaissent mieux eux-mêmes. La confiance en soi ne vient pas en claquant des doigts, et même vous pourriez avoir une cargaison de confiance en vous et vous sentir encore imposteur car on cesse de l’être le jour on l’on décide que l’on n’en est pas un.

Conditionnez votre cerveau : faites des affirmations positives, bougez vos fesses, écrivez, écrivez encore et surtout n’écoutez que la voix positive dans votre tête, tout ce qui est négatif ne sert à rien. « Je suis légitime », dites-le tous les jours, tout le temps et vous croyez que vous l’êtes. C’est le meilleur service que vous vous rendrez. Pensez au temps que vous gagnerez en répétant cela plusieurs fois, surtout le matin et le soir avant de vous coucher. Plus la peine d’écouter des podcasts, de lire des posts, ou de payer un coach en écriture pour vous dire ce que vous faites mieux vous-mêmes. Car au fond soyons réalistes : un milliard gens pourrez vous dire que vous êtes légitimes si vous n’y croyez pas alors ça ne servira à rien.

8 réflexions sur “Le syndrome de l’imposteur

  1. Chris dit :

    La première citation de ton article fait un peu peur, mais tu as entièrement raison, les autres ne peuvent pas croire en nous, si nous même nous ne nous faisons pas confiance.
    Je connais pas mal de personnes qui recherchent de la reconnaissance auprès des autres, mais elles auront beau avoir beaucoup de témoignage de cette reconnaissance, tant qu’elles ne croiront pas en leurs capacités, elles douteront toujours.
    Après c’est facile à dire, mais c’est très difficile de croire en soi, c’est un travail de longue haleine.

    Aimé par 1 personne

    • les conseils de Ponine dit :

      Je reconnais que j’avais pour volonté de choquer les esprits.
      Bien entendu que c’est difficile de croire en soi, mais au fond c’est la seule chose saine à faire. Cela vient avec le temps. La confiance en soi c’est comme un muscle, il faut s’entraîner pour la gonfler et la booster. ^^

      J’aime

  2. Elisa dit :

    Je suis désolée de te contredire mais tous les écrivains sont des imposteurs !!! A se mettre dans la peau de personnages qu’ils ne sont pas pour mentir vrai… Non je plaisante bien sûr. J’adore ton article parce que oui, la légitimité est un vrai casse-tête pour un auteur. Ecrire c’est une chose, se prétendre écrivain, une autre. Régulièrement, quand je dis que je suis auteure, la première réaction qui fuse est celle-ci : « Ah oui, tu es publiée ? ». Et le regard change en fonction de la réponse…

    Aimé par 1 personne

    • les conseils de Ponine dit :

      J’avoue que les personnes ont parfois des réactions divergentes. Personnellement, j’ai attendu d’avoir publié pour dire que j’étais écrivaine, mais ce n’est pas obligatoire bien sûr. Tout dépend de notre personnalité, j’ai envie de dire que si ça aide à construire sa carrière, lutter contre le « syndrome » de l’imposteur ou la démotivation c’est très bien et il ne faut pas s’en priver.

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  3. Alain Orsot dit :

    Bravo pour cet article !
    J’apprécie le ton volontairement un peu polémique (qui fait gratter pourrait-on dire…) mais plein de pertinence :-). Et qui me fait penser à cette célèbre citation (attribuée à Bouddha mais que beaucoup se sont appropriés, la référence à Bouddha étant souvent vendeuse :-)) : « Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde ».
    Oui, écrire n’est pas simple, mais la « légitimité » de l’écrivain ne se développe qu’en se mettant devant sa feuille et en se lançant. Et puis en continuant le lendemain, puis le sur-lendemain, encore et encore. Et au final, on se surprend à avoir construit quelque chose. Peut-être pas un chef d’oeuvre aux yeux de tout le monde, mais, et c’est peut-être ce qui compte le plus, sa propre construction…

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    • les conseils de Ponine dit :

      C’est très juste et pertinent votre commentaire.
      Vous avez raison la référence à Boudha fait vendre, mais les mots sont très vrais. C’est certain qu’écrire n’est pas simple, seulement personne ne peut le faire à notre place. De manière générale, les « jeunes » auteurs cherchent des solutions miracles pour ne pas ressentir ce syndrome de l’imposteur alors que tout part de soi. C’est difficile à entendre, j’en ai bien conscience, mais si on cherche un remède miracle à l’extérieur de nous-même, c’est impossible de réussir.

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