La presse, les librairies et les conférences 3/3

Suite à un petit échange houleux que j’ai eu sur les RS dernièrement au sujet de la Presse, des conférences et des librairies je vais vous donner mon avis, que vous n’avez pas demandé. D’abord, il faut savoir que j’ai traité certains auteurs de fainéants, gardez ça en tête vous ferez pourquoi c’est justifié ou pas, mais j’assume mon avis.

Il y a un bruit qui court comme quoi c’est impossible de décrocher une interview quand on n’est pas édité par une Grande MAISON d’éditions. C’est genre impossible de toute la vie jusqu’à la mort (nan sans déc j’exagère à peine). Il y a aussi cette idée comme quoi pour faire une conférence ou pour mettre ses livres en dépôt chez un libraire il faut PAYER ! Tout comme c’est impossible de mettre des livres en dépôt ! (Vive la logique, on peut mais on peut pas. C’est le moment où je me demande si les gens prennent pas un peu trop de drogue parce que Wouhou)

Allez Ponine, un peu de sérieux ! Je vais couper cet article en 3, je ne sais pas quand seront publié (j’allais dire oublié) les autres, on verra.

Troisième et dernier article sur le Triptyque que j’avais lancé le mois dernier. Le premier article se penchait sur le cas des Librairies, dans le second article je vous présentais les conférences et cette fois il est tant de s’attaquer à la grande question de la presse.

Tout d’abord, je voudrais vous parler d’une chose que j’ai entendu dire sur une chaîne Youtube d’écriture (disons une autrice qui a 8000 abonnés sur Instagram – jugez si c’est beaucoup ou non) : Ce n’est pas la presse locale ou régionale qui vous permettra d’avoir des lecteurs de vendre des livres (dit avec un petit ton hautain). J’étais choquée de la manière dont l’autrice en question à dénigrer les médias locaux et fatalement de potentiels clients. Il n’y a pas de petits médias, dans les faits bien sûr qu’il y a bien plus de visibilité dans la presse nationale que dans la presse locale, mais voulez-vous réellement dénigrer un lecteur parce qu’il aurait eu envie d’acheter votre livre en lisant le journal de votre ville ? Il n’y a pas de petite interview, pas de petit article dans la presse. Si vous débutez (et que vous êtes 100% inconnu) et que vous n’avez pas de contact dans la presse nationale ou internationale, il y a peu de chance que vous obteniez un article dans le New York Times et ce n’est pas grave.

Est-ce que ça vaut le coup de faire des interviews dans la presse locale ?

CLAIREMENT OUI ! Oui, oui, oui et encore oui ! Contrairement à ce que peuvent dire certains « grands » noms de l’autoédition sur les RS, la presse locale est un super tremplin pour se faire connaître. Pourquoi ? Alors partons du début : imaginons que vous n’êtes qu’un inconnu qui vient de publier un roman. Qui va vouloir acheter vos romans ? Votre communauté sur les RS ? Ok, c’est déjà bien. Vos amis/famille IRL ? Certes, c’est très bien, même plus que bien. Mais ce n’est pas suffisant pour démarrer une « grande » carrière, votre but c’est certainement d’avoir de nombreux lecteurs, que ce soit pour l’argent ou par amour de l’art. Si vous êtes 100% inconnu, avoir un article dans le Monde ou le New York Times ça vous fera toucher un maximum de personnes, c’est certain, mais est-ce que ces personnes auront envie de lire votre livre ? Probablement pas autant que vous ne le souhaiteriez. Si vous commencez par la presse locale, les gens seront plus enclin à vous lire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il y a des chances qu’ils vous connaissent ou qu’ils aient envie de découvrir votre plume parce que vous êtes un « enfant du village », un « voisin », un auteur local et c’est toujours amusant de lire les gens qui sont du coin. Mieux vaut un article locale qui vous fera vendre 50 exemplaires à des personnes qui seront motivées pour vous soutenir sur le long terme et à parler de vos oeuvres autour d’elles, plutôt que 500 romans à des personnes qui n’auront aucune raison de continuer à vous défendre. Visez toujours le long terme, même si c’est difficile et que c’est nettement mieux pour vos finances à court terme de vendre 500 livres.

Pourquoi favoriser la presse locale (au début )?

Tout simplement pour acquérir de l’expérience. Une interview peut-être stressante (enfin c’est ce que j’ai entendu dire, pour ma part ça ne me stresse pas plus que ça), il faut mieux donc faire ses armes avec des interviews de petites envergures. C’est donc un excellent exercice.

Mais encore…

La presse et les journalistes est aussi une grande question qui perturbe les écrivains. J’ai déjà entendu dire qu’il fallait payer pour faire une interview…Alors franchement je ne sais pas d’où vient cette idée saugrenue. Il faut savoir que les médias peuvent faire de la publicité et dans ce cas-là on paie c’est logique, mais les interviews ne sont pas de la publicité (alors oui, ça fait de la publicité pour nos romans, mais ce n’est pas de la « vraie » publicité) donc vous n’avez rien à payer. Après si vous souhaitez soudoyer les journalistes faites-vous plaisir.

Il y a également l’idée que pour obtenir des interviews il faut envoyer des communiqués de presse. EUH ! Comment dire… Si vous n’êtes pas édité par une grande maison d’édition, il n’y a pas vraiment de raison de faire des communiqués de presse et ce n’est pas non plus utile d’envoyer vos romans à la presse, surtout si l’on ne vous le demande pas.

Prenons les choses dans l’ordre :

Si vous cherchez à faire des interviews sachez que vous êtes :

  • Pas la seule personne à souhaiter cela (et je ne parle pas qu’en terme d’écrivain, il y a des centaines de personnes qui ont besoin d’être visible dans la presse gardez ça en tête)
  • Si vous n’êtes pas connu, tout le monde se moque de votre art et de votre petite personne. Je sais que c’est cruel mais savoir où l’on se situe sur l’échiquier du monde permet de garder les pieds sur terre et surtout de ne pas parler des gens comme s’ils étaient des moins que rien et qu’ils vous devez quelque chose (CF l’histoire de la Youtubeuse dont je parlais au début de l’article)
  • Une personne en demande, vous devez donc vous montrer sous un jour agréable.

Pourquoi faire des interviews ?

  • Pour vous faire connaître en tant qu’artiste
  • Pour faire connaître vos oeuvres
  • Pour parler de vos séances de dédicaces/conférences et conventions
  • Vendre vos romans

Comment est-ce que j’ai fais pour avoir des interviews dans la presse papier, web et vidéo?

Je suis simplement allée voir des journalistes, je me suis présentée, j’ai discuté avec eux et voilà. Je n’ai pas eu à envoyer mes livres, je n’ai pas non plus eut à faire du démarchage en tant que tel car ce n’est absolument pas une bonne manière de vous faire connaître. Quand vous envoyez des mails ou que vous appelez un journaliste pour lui dire un truc du genre « hey ça vous direz de faire une interview de moi », vous risquez de vous prendre un vent. Les journalistes, comme les libraires, auront plus envie de vous écouter si vous êtes une gentille personne qui va au devant d’elle, plutôt qu’un égoïste qui cherche seulement à arriver à ses fins sans prendre le temps de les connaître. Conseil qui n’est pas valable, si vous vendez déjà des millions de romans, bien sûr.

Comment est-ce que l’on fait pour rencontrer la presse locale ?

Tout simplement on va dans les événements locaux. Alors oui, je sais que ce n’est pas très glamour mais c’est la meilleure manière de les rencontrer. Allez aux voeux du maire, allez aux matchs de foot, allez aux vernissages (etc)… Approchez-vous des journalistes quand ils ne sont pas trop occupé et parler, présentez-vous, soyez agréable, ayez toujours des cartes de visites avec votre nom, votre numéro de téléphone, votre métier d’auteur écrit sur la carte et ne soyez pas pressé.

J’ai rencontré le premier journaliste avec qui j’ai fait une interview en me rendant à une cérémonie dans mon village. Le second, en allant à une pièce de théâtre. Le troisième en allant à une conférence d’un autre auteur. Et un autre, en simplement faisant une séance de dédicace et en ayant beaucoup de chance. Les autres sont venus me trouver par le bouche à oreilles et j’en connaissais déjà deux d’entre eux.

Je n’ai jamais rien payé pour cela. Jamais je ne me suis plainte des journalistes, surtout pas sur le net, vous savez pourquoi ? Parce que c’est une très, très, très mauvaise idée de le faire. Beaucoup d’auteurs se plaignent de ne pas obtenir d’interview et traitent les journalistes comme des moyens que rien, franchement pas très intelligents surtout que l’on peut retrouver les messages postés sur le net.

Contrairement à l’imaginaire collectif, la majorité des journalistes ne lisent pas les livres avant d’en parler. Ils vous posent des questions pour que leur public découvre vos oeuvres. Bien sûr, ce n’est pas (forcément) le cas quand il s’agit de médias plus tournés vers l’art.

A mon avis, il ne faut pas se contenter d’envoyer des communiqués de presse, surtout si personne ne vous le demande. Vous n’êtes qu’une personne parmi tant d’autre, un inconnu de plus. Il est nettement plus intéressant d’aller se présenter en personne, mais c’est aussi nettement plus difficile. Bien entendu, si vous visez la presse nationale, vous aurez plus de difficulté à aller rencontrer les journalistes en face à face, mais personne ne vous demande de commencer par les grands noms de la presse. Je n’ai jamais envoyé de communiquer de presse et je pense que c’est clairement inutile, dans bien des cas. Plus vous ferez d’interview dans la presse locale, plus vous allez développer votre réseau, plus les gens vont parler de vous et donc vous aurez de plus en plus de chance d’être contacté par des journalistes travaillant pour des journaux plus vastes. Bien sûr, si vous ne souhaitez être interviewé que par des journalistes internationaux des plus grand quotidien du monde mes conseils ne vous serviront à rien.

En conclusion, je dirais que pour obtenir des interviews c’est exactement la même chose que pour avoir la possibilité de faire des conférences ou des dédicaces : il faut se déplacer, aller à la rencontre des gens, ne pas avoir peur de se mouiller, de parler, d’échanger La proximité c’est la clé de tout, croyez-moi. Vous n’imaginez pas combien de personnes m’ont dites : Ah j’achète votre livre parce que j’ai lu votre interview dans le Courrier Picard. C’est très gratifiant bien sûr, mais c’est surtout un excellent moyen de se faire connaître sans se prendre la tête.

Liste de certaines interviews que j’ai donné (je n’ai pas mis les petits articles non plus même si c’était une très bonne publicité):

Image par Neven Divkovic de Pixabay

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