Les Trigger Warnings

Juste une petite réflexion sur le sujet et surtout une petite remarque qui m’a bien fait rigolé ce matin. Et surtout qui m’a un peu interloqué.

J’ai vu sur Facebook le partage d’un article : cet article de Marianne

Alors personnellement, je suis contre les Trigger Warnings (TW), que je trouve inutile, être une forme de (auto-)censure et sans aucun bénéfice pour les personnes atteintes de TSPT (On en parle dans cet article, on peut également lire cette étude) soit des personnes VRAIMENT traumatisées et en souffrance et pas juste mal à l’aise avec une idée ou un concept. Je trouve les TW ridicules. Ils sont quand même apparus pour éviter que des étudiants en droits ne soient choqués par des évocations de VIOL, je rappelle que le viol est un crime et qu’un avocat qui serait choqué, dans l’exercice de ses fonctions par ce terme, on pourrait se demander à quoi il servirait aux victimes. (Peut-être même qu’il refuserait de défendre une victime.) On pourrait même pousser et penser qu’un médecin serait trop choqué par les victimes de violences qu’il en refuserait de les soigner (vous marrez pas, récemment j’ai lu des commentaires d’une personne dans le corps médicale dire que le viol et les violences la gênait et qu’elle était mal à l’aise avec ça, quid des potentielles victimes qui iraient chercher conseils/soutien et soins auprès de cette personne ?) Mais ce n’est pas le débat ici donc merci de ne pas commenter cette partie de l’article sous peine de censure (ouais, j’assume de ne pas autorisé certains commentaires, ici je suis Avocat, Juge et Bourreau)

Ici le sujet c’est que suite à la lecture de l’article de Marianne, j’ai décidé de refaire des recherches sur le sujet des TW. Ce n’est pas parce que j’ai une idée sur une question et que je ne compte pas en changer (pour le moment, je ne suis pas madame Irma j’ignore ce que je penserai du sujet dans 10, 20 ou 30 ans) que l’on ne peut pas se confronter aux avis des autres et se renseigner et même se questionner. C’est très important de se questionner même quand on est certain de ce que l’on pense.

Et j’ai fini par trouver cet article

En lisant les commentaires de l’article Trigger Warning en littérature du danger d’avertir du danger, j’ai compris des choses importantes :

  1. Que je suis un Male/hétéros/Cis/Blanc/pour le patriarcat/boomer => C’est toujours plaisant d’apprendre des choses sur soi que l’on ignorait LUL parce que je ne suis ni un homme, ni hétéro et ancienne féminazie/misandre à l’extrême et de la génération Y ^^
  2. Les personnes contre les TW n’ont jamais vécu d’événements traumatiques => Ah bon, encore une fois merci de m’apprendre que je n’ai rien vécu de traumatique, je n’étais pas au courant ^^
  3. Les petites angoisses du quotidien c’est plus grave que les TSPT et que être mal à l’aise avec le mot viol c’est plus traumatisant (ok c’était pas dans les commentaires mais comme j’ai vu passer cette idée il y a peu donc je vous en fait profiter – et non, je ne déconne pas, le mot viol est plus traumatisant que le fait d’en subir un, si, si, je vous jure y’a des gens qui en sont convaincus)

Venons-en au coeur du débat :

Au sujet des Trigger Warnings, il y a deux camps qui s’affrontent (je schématise à l’extrême parce que sinon ça va durer 100 ans et je vais utiliser le « Je » général, disons le « je » de l’égo) :

  • Le camp du « Bien » qui est pour les TW, qui est le camp du progrès et de l’empathie, du vivre ensemble et surtout du fait de prendre acte des traumatismes (réels ou supposés) de chacun, de leur sensibilité (réelle ou supposée). En sommes les WOKE et les générations Z et Y.
  • Le camp du « Mal » qui est contre les TW, qui est le camp des réac, des personnes qui n’ont aucune empathie, qui pensent que c’était mieux avant et que si c’était pas utilisé avant c’est que ça n’a aucune utilité, des personnes qui sont contre la prise en considération des traumas d’autrui. En sommes les Hétéros, cis, blanc et les boomers.

Ce qui m’a fait rire ce matin, en lisant les commentaires c’est qu’une personne contre les TW parlait de son expérience et qu’on lui reprochait de ne parler que de soi.

Il me paraît bien plus raisonnable de parler de son expérience, plutôt que de généraliser en se servant de son expérience pour en faire une vérité absolue. Si la personne avait dit « On pense ceci ou cela », on lui aurait tout autant reproché de généraliser. Ce qui est particulièrement saugrenue quand on y pense. On reprochait donc à l’auteur du commentaire le « je, je, je, je ». L’auteur des réponses lui affirmait qu’il ne s’agissait pas de « lui » mais de « tous les autres » (et c’est là que j’ai commencé à réfléchir). Alors soit, je suis d’accord mais…

Quand on y réfléchit bien, les personnes ayant besoin ou réclamant des TW sont toutes aussi tournées vers elles-mêmes. Je ne compte plus le nombre de personnes qui disent avoir besoin de TW pour ceci ou cela, parce que ça les dérange « elles » personnellement. Mais là, c’est correct alors que c’est pourtant tout aussi « je, je, je, je ». On ne reproche jamais aux personnes réclamant des TW de parler au nom de tous et de généraliser. Il est fréquent de lire « les personnes traumatisées » alors que c’est clairement une généralisation, comme si chaque personne ayant vécu un événement allez avoir la même réaction ou souhaitez la même chose. Comme si « tous les autres » voulaient des TW. Est-ce qu’on en est sûr ? Je connais au moins 3 personnes ayant vécu des événements traumatisants qui n’en veulent pas, donc certes 3 personnes c’est peu, sauf que ça permet d’exclure le « TOUS les autres ». Si dans le premier cas, la généralisation serait inappropriée, critiquée, discréditée, il n’en est rien dans le second. Pourquoi ? On peut se le demander.

Il y a donc une opposition entre le « Je n’ai pas besoin d’être protégé » et le « Je suis dans le besoin d’une protection », dans les deux cas, il me semble, c’est le « Je » qui prime et son expérience personnelle. Le « Je n’ai pas besoin d’être protégé » alors que j’ai potentiellement vécu des événements traumatiques (mais ça personne n’en parle jamais comme si considérer qu’une personne contre les TW pouvait avoir subi des choses traumatisantes était impossible) me paraît tout aussi important que le « je souhaite être protégé » car j’ai potentiellement ou non vécu des événements traumatiques, puisque dans les deux cas, il s’agit d’une volonté personnelle, d’une expérience personnelle et d’un choix tout aussi personnelle. Alors pourquoi le second cas devrait primer sur l’autre ?

Ce que je veux dire c’est que, si, je dis : « Je n’ai pas/jamais eu besoin de TW parce que ça ne m’a choqué de lire une scène de viol/meurtre/sanglante/LGBTQIA+phobie etc » les pro-TW vont me reprocher de penser qu’à ma petite personne. Alors que si je réclame un TW sur le Viol/meurtre/sang/LGBTQIA+phobie etc parce que ça me dérange et me renvoie à mon traumatisme, les pro-TW ne vont pas reprocher de ne penser qu’à ma petite personne. Encore une fois : Pourquoi et en quoi l’un est fondamentalement égoïste et pas l’autre ? En dehors de toutes généralisations qui n’engagent personne et qui ne sert qu’à donner plus de poids à son propos sous le couvert d’une acceptation générale infondée, faussée et stigmatisante.

En résumé :

  • Je n’ai pas besoin de TW parce que je m’en passe (ou je crois ne pas en avoir besoin) = égoïste
  • J’ai besoin d’un TW parce que j’en ai besoin (ou je crois en avoir besoin) = non-égoïste
  • Je vois dans les deux concepts autant de blessure d’égo, d’autocentrage et d’individualisme puisque le « Je » de l’un s’oppose au « Je » de l’autre.

Questions sérieuses (parce que j’aimerais sincèrement comprendre) :

En quoi le besoin d’un TW serait moins égoïste et autocentré que le désir d’absence de TW ? Quelle est, fondamentalement entre l’individualité de l’un et celle de l’autre ? Quelle différence entre réclamer quelque chose pour sa sensibilité et ne pas mettre en avant sa sensibilité ? En quoi est-ce plus égoïste d’être contre les TW qu’être pour ? En dehors de tout raisonnement émotionnel, car je saisi la notion affective/empathique qui est en jeu, mais ce n’est pas « logique »/scientifique.

Je le répète le débat n’est pas de savoir ou de chercher à savoir qui a raison ou qui a tort, ni même de savoir s’il faut ou non se servir des TW.

Image par Gerd Altmann de Pixabay

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