Planifier un roman : Le séquencier ou le chapitrage

Dans les articles précédents, j’ai évoqué avec vous quelques différences majeures que l’on peut trouver entre un synopsis et un traitement et aujourd’hui, je voulais vous parler du séquencier ou comme on pourrait le dire dans l’art du roman le chapitrage.

Au va très vite partir sur un disclaimer, à la base le séquencier en cinéma doit permettre de donner une vision du temps. Cela permet au réalisateur, enfin surtout à l’assistant, de découper le travail pour le moment du tournage. Il y a également des conventions pour l’écriture d’un scénario, mais évidemment en tant qu’écrivain de roman, on ne va pas se servir de leur indication, quoi que l’on pourrait.

Qu’est-ce que c’est concrétement ?

Dans l’audiovisuel, un séquencier regroupe toutes les séquences du scénario sans les dialogues. On y trouve les informations essentielles: le numéro de la scène – INT ou EXT – le moment de la journée – le lieu

Par exemple : 1. INT.Matin.Chambre de Julie pour dire que c’est la scène 1, en intérieur, le matin et dans la chambre de Julie.

Dans le contenu, on y trouve les informations sur la scène. Comme les personnages présent, ce qu’ils font, les émotions, les actions et l’environnement.

Par exemple :

  1. INT. Matin. Chambre de Julie

Julie traverse la chambre pieds nus. Elle tient une tasse de café. Elle se regarde autour d’elle : sur la commode une photo en noir et blanc du mariage de ses grands-parents, un coffret à bijoux d’où sort un collier de perles, un flacon à moitié vide de son parfum favoris. Elle marche jusqu’à la fenêtre. Le bruit de ses pas s’entend sur le parquet froid. S’arrête et sourit, la tasse bien callée entre ses doigts. Elle regarde dehors. Elle entend Lenny ronflait.

  1. B. INT. Matin. Chambre de Julie

Lenny est allongé sur le lit défait. Il ronfle. La nuit a été agité. Les draps sont froissés.

Bon pour le sytle on repassera, ce n’est pas une grande histoire simplement je voulais vous montrer quel genre de chose l’on peut trouver dans un séquencier. Bien entendu, je vous invite à en trouver de vrais pour vous aider à mieux comprendre ce dont il s’agit.

L’intérêt du séquencier c’est qu’il permet de savoir ce qu’il se passe dans une scène sans avoir les indications verbales.

En quoi cela va nous aider en tant qu’auteur ?

Alors déjà, il n’est pas nécessaire d’utiliser un séquencier dans sa forme originelle. C’est possible, personne ne dit le contraire, mais on peut le modifier pour que cela corresponde plus à notre forme d’écriture. C’est à dire que l’on peut rédiger un plan de travail en découpant par chapitre, plutôt que par scène. Même si bien entendu, on peut choisir d’écrire scène par scène.

Si un séquencier est un outil de travail qui se fait en amont ou en aval de l’écriture du scénario, un chapitrage pour un auteur doit se faire en amont de l’écriture. Il peut servir à se faire une idée de la répartition des informations que l’on veut distiller dans le roman. Cela permet également de se faire une idée de la présence de l’action dans chaque chapitre et de s’assurer du rythme que l’on veut donner à l’intrigue et de l’atmosphère que l’on souhaite créer.

Dans un chapitrage, il y a tous les détails importants. Beaucoup confondent cela avec un synopsis, mais il ne suffit pas d’avoir de quoi travailler pour qu’il s’agisse d’un synopsis. D’ailleurs un synopsis est un document court, si ce n’est pas le cas, on n’est plus sur du synopsis.

Les méthodes pour élaborer un chapitrage

Bien sûr, les puristes vont me dire que je m’éloigne de ce qu’est un séquencier, c’est bien pour cela que j’ai utilisé un autre terme. Un chapitrage selon moi est plus un tableur avec différentes cases pour les informations. Bien entendu, chacun peut mettre ce qu’il veut ou ce dont il a besoin dans un tel tableur, tous les récits ne se prêtent pas à avoir toutes les données de présentes.

  1. Le numéro du chapitre
  2. Le titre du chapitre
  3. La date et l’heure, si cela est nécessaire (s’il y a plusieurs horaires dans le même chapitre n’hésitez pas à aller à la ligne pour montrer que ce n’est pas au même moment)
  4. Le lieu ou les lieux (pareil que pour les horaires, il est utile d’avoir une ligne par scène du coup)
  5. Les personnages présent
  6. Les éléments importants de l’intrigue
  7. Les informations à donner aux lecteurs
  8. Les émotions que l’on souhaite transmettre aux lecteurs
  9. L’évolution du héros du début à la fin du chapitre

Bien entendu, il peut y avoir d’autres choses, n’hésitez pas à le dire en commentaire cela pourra aider d’autres auteurs et autrices. Il n’est pas non plus obligatoire d’avoir un tel tableur pour gérer l’écriture d’un roman.

Si vous le souhaitez vous pouvez plutôt vous inspirer de la méthode du séquencier de cinéma est indiquer dans un document texte les informations qui vous paraissent pertinentes. C’est à dire des informations sur les personnages, sur l’action, sur les émotions et quelques descriptions.

Un tel document peut très vite faire une quarantaine de pages. Pour moi, cette technique peut s’apparenter à celle du « 0 draft » qui consiste à écrire un premier jet avant le premier jet. En quelque sorte, il s’agit d’écrire tout ce qui vient par la tête sans se soucier de la cohérence de l’histoire, sans chercher à définir son style, sans réfléchir à l’ordre des scènes ou à ce que l’on va révéler. En quelque sorte, on se laisse bercer par son imagination. C’est un très bon moyen de gérer après coup tous les détails du texte.

Il n’est pas nécessaire de décrire en détail toutes les scènes. Après tout, un roman n’est pas un scénario de film et les outils scénaristiques, s’ils peuvent s’adapter au genre romanesque dans la partie outils, ils n’en demeurent pas moins que nous n’en avons pas les mêmes utilités.

Si un séquencier va servir à l’équipe d’un film, un chapitrage ne va servir qu’à l’auteur. Il n’est dès lors pas utile d’en faire un qui ne corresponde pas aux besoins de l’auteur. Vous pouvez choisir de ne détailler que les scènes importantes ou celles que vous savez qui seront les plus difficiles à écrire.

J’encourage vraiment à vous penche sur la première et la dernière scène de votre roman car c’est par là que le lecteur commence et termine le récit. Ce sont les passages les plus importants dans le sens où la première scène va capter l’attention du public et la dernière lui donner envie de mieux connaître votre plume. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut négliger le reste du récit pour autant.

Est-ce que vous pratiquer le séquençage de votre roman ?

Est-ce que vous allez aussi loin dans la planification ?

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