La presse, les librairies et les conférences : 1/3

Suite à un petit échange houleux que j’ai eu sur les RS dernièrement au sujet de la Presse, des conférences et des librairies je vais vous donner mon avis, que vous n’avez pas demandé. D’abord, il faut savoir que j’ai traité certains auteurs de fainéants, gardez ça en tête vous ferez pourquoi c’est justifié ou pas, mais j’assume mon avis.

Il y a un bruit qui court comme quoi c’est impossible de décrocher une interview quand on n’est pas édité par une Grande MAISON d’éditions. C’est genre impossible de toute la vie jusqu’à la mort (nan sans déc j’exagère à peine). Il y a aussi cette idée comme quoi pour faire une conférence ou pour mettre ses livres en dépôt chez un libraire il faut PAYER ! Tout comme c’est impossible de mettre des livres en dépôt ! (Vive la logique, on peut mais on peut pas. C’est le moment où je me demande si les gens prennent pas un peu trop de drogue parce que Wouhou)

Allez Ponine, un peu de sérieux ! Je vais couper cet article en 3, je ne sais pas quand seront publié (j’allais dire oublié) les autres, on verra.

D’abord parlons des librairies :

Jamais on demande de l’argent pour mettre vos livres en vente.

Après avoir travaillé dans une librairie et passé du temps à observer le fonctionnement des librairies indé et plus « supermarché »(pour reprendre les termes d’un libraire indé), j’ai légèrement plus d’expérience que certains dans le domaine. Je vais donc vous parler de mes expériences et vous allez voir, si vous avez un tout petit peu de savoir-vivre professionnel (de savoir-vivre tout court) vous allez comprendre pourquoi je pense que oui, clairement, certains auteurs sont de grosses faignasses et qu’entendre certains se plaindre que (voix enfantine capricieuse) « les libraires ce sont de grands méchants et gnagnagna et gnagnagna ils veulent pas mettre mon livre devant les autres et gnagnagna. »

Déjà mettre un livre en avant ça s’appelle mettre en tête de gondole. On met en tête les produits phares et SERIEUSEMENT : si tout le monde arrive et veut qu’on mette son livre en tête de gondole, ça ne s’appellerait plus une tête de gondole ! Alors oui, c’est cruel, mais faites-vous une raison, si vous n’êtes pas en tête de gondole c’est de votre faute. Oui de votre faute, vous n’êtes pas assez vendu/connu pour le mériter (et comme j’en fais parti de ces auteurs relégués aux seuls rayonnages, je m’en prends qu’à moi-même) rien ne dit qu’un jour ça ne sera pas votre tour.

Déjà dédramatiser le fait d’être en rayon, c’est déjà un excellent début, c’est la preuve que vous avez réussi à écrire un roman et le publier et intéresser un libraire pour le vendre. Félicitations, c’est un excellent départ dans votre carrière.

Autre mythe insupportable : Les libraires ne veulent jamais de stock !

Certains auteurs arrivent avec 10/20/30/50 livres et s’imaginent que les libraires vont mettre leur 50 bouquins en rayon… Vous avez fumé ou quoi ? Non, parce que les librairies sont des commerces avec des murs, et les murs jusqu’à preuve du contraire on ne peut pas les pousser ! Alors oui, on peut se permettre de prendre 50 exemplaires du nouveau Musso, Chattam, Nothomb, Valognes ou Follett, mais parce que l’on sait qu’ils vont vite partir et donc que le stock va diminuer et qu’on ne sera pas encombré avec. Imaginez demain je vous demande si je peux stocker un truc chez vous, vous me dites oui, et j’arrive avec 50 cartons dans votre petit appart. Ah bah, oui, tout de suite c’est moins fun, et bien pour les libraires c’est la même chose. Soyez raisonnable : 3-5 exemplaires c’est bien, ça vous fera revenir plus souvent vers eux.

Le mythe du : Les libraires sont des méchants, ils refusent TOUS TOUJOURS les AE !

Non, les libraires ne sont pas des méchants qui refusent toujours les autoédités, ça suffit avec idée. VOUS VOULEZ SAVOIR POURQUOI ILS REFUSENT SOUVENT LES AE ? Vous le voulez vraiment ? (pas valable dans 100% des cas) Très bien, imaginons que l’on ne se connaisse pas et que demain je sonne chez vous et que vous dise « hey salut ! j’ai envie de boire un verre du coup je squat chez toi ? ça te dérange pas ? » vous allez probablement me claquer la porte au nez parce qu’on ne se connaît pas. Si en revanche, on se connaît, que je vous parle très souvent, que je me présente, que je vous fais une bonne impression, je pourrais plus aisément venir m’abreuver chez vous même à l’improviste. Eh bien, c’est pareil.

Combien d’auteurs, j’ai vu arriver avec leurs gros sabots en mode « hey ! Je veux que vous preniez mes 50 exemplaires, tous en tête de gondole, of course, parce que je suis AE et que je suis génial même si personne me connaît et que non, je vais pas en plus vous dire mon nom, ni le genre que j’ai publié parce que hey, il manquerait plus que je vous dise merci de prendre mes livres, vous ne savez pas la chance que vous avez que je vous choisisse, alors c’est bon je pose mes livres moi-même en tête de gondole et FUCK si c’est pas le bon rayon parce que merde je suis la personne la plus brillante du monde et que vous les libraires vous savez que dalle, vous êtes juste capable de vendre des livres. » Alors certes, j’extrapole, mais c’était l’idée générale. Vous auriez envie d’être sympa avec quelqu’un qui vous prend pour une grosse bouse de vache ? Non ? Vous auriez envie d’être sympa avec une personne condescendante ? Non ? Vous auriez envie de soutenir une personne qui ne vous dit même pas son nom ? Non ? Les libraires non plus rassurez-vous, ils sont humains.

Autre point important : les dédicaces, alors non il ne faut pas payer pour les dédicaces.

En revanche, c’est un excellent moyen de se faire connaître du libraire et de son public. Sauf que voilà, pour certains auteurs faire des dédicaces c’est pas leur truc. Et ne me dites pas que c’est faux: je l’ai constaté par moi-même. Faire une séance de dédicaces c’est parfois passer une journée dans la librairie. Alors oui, je sais ce n’est pas facile pour tout le monde, pourtant j’ai vu des mères de familles célibataires venir en dédicaces avec leurs enfants, parfois jeunes (moins de 6 ans) pour toute une après-midi donc quand on veut on peut. J’admet venir avec ses enfants demandent deux choses: une bonne éducation des enfants et de l’argent qui ils vont être tentés par des livres. (TRUE STORY).

Pourquoi c’est capital d’accepter une séance de dédicace chez un libraire ? Déjà parce qu’il va apprendre à vous connaître, il va prendre plus de livres qu’en simple dépôt (à vous de négocier pour qu’il conserve les exemplaires non-vendus à la dédicace), vous allez nouer une relation de confiance le libraire va donc plus facilement conseiller votre livre à ses clients, il sera plus tenté de mettre votre livre sur table et en tête de gondole. Bref, c’est gagnant-gagnant. Alors forcément quand les auteurs refusent de refaire le trajet pour une séance de dédicaces parce que « c’est loin » ça ne donne pas envie.

Avant de critiquer les libraires mettez-vous toujours à leur place. Posez-vous toujours des questions sur ce que vous faites, sur votre comportement, votre présentation, votre manière d’agir. J’ai vu des auteurs entrer, foncer droit vers le libraire, en en ayant rien à faire des clients déjà présents qui attendent un conseil, demander pour faire un dépôt avec à peine un bonjour, en ayant des exigences sur l’emplacement de leur livre et qui sont partis avec à peine un merci. Et le pire résidait dans leur allure, parfois jogging sale et baskets usées. Je sais que l’habit ne fait pas le moine mais un peu de tenue.

Lorsque vous vous présentez à un libraire, vous vous présentez à un entretien d’embauche : arriver propre (si je vous jure arriver en ayant prit une douche, je sais bien qu’en fin de journée il est possible de sentir la transpiration surtout quand il fait chaud, mais il y a une différence entre sentir la sueur du jour de celle d’il y a une semaine), avec une tenue correcte ce n’est pas la peine de mettre une robe du soir ou un smoking mais on évite les vêtements sales et qu’on ne met que dans le confort de son domicile, le fameux jogging/basket on évite à moins d’avoir écrit un livre sur le sport mais encore on prend le soin de s’habiller proprement avec des baskets qui n’ont pas l’air d’avoir survécu à trois marathons. Oui, vous vendez un livre mais vous vendez aussi votre personne. Bon maintenant il y a les masques, mais SE BROSSER LES DENTS est un plus non négligeable. Croyez-moi, je ne plaisante pas.

Assurez-vous qu’il n’y a pas de clients qui attendent que le libraire se libère. Il y a des timides et oui, celui qui jettent des coups d’oeil fébriles vers le comptoir avec les yeux pleins d’espoirs pour que le libraire lui demande s’il a besoin de quelque chose, il est prioritaire sur vous ! De même que la mamie qui attend que la libraire revienne de la réserve avec sa commande. Vous n’êtes pas le roi ou la reine du monde, si vous passez devant des clients pour « vendre votre merde » ça risque de jouer en votre défaveur(et croyez moi, les mamies, elles ont une fichue bonne mémoire quand c’est pour se rappeler des impertinents, et les timides sont aussi des gens qui remarqueront votre comportement, des lecteurs en moins). Plutôt que de vous précipitez, prenez le temps de regarder, allez dans le rayon de votre genre, regardez les livres présent, analysez l’espace, demandez-vous si vous avez votre place dans cette boutique. Présentez vous aimablement, souriez, même avec le masque, n’oubliez pas les formules de politesses et si on vous propre une dédicace avant de prendre votre stock acceptez ! Soyez humble, parce que non vous n’avez pas écrit le livre qui va changer la face du monde, ce n’est pas vous qui en déciderez mais les lecteurs.

Remerciez les libraires, même s’ils n’acceptent pas votre livre. Et s’ils refusent ne vous dites pas que c’est parce qu’ils ne vous aiment pas, c’est parce qu’ils connaissent leur public. Sortez-vous de la tête que le monde entier vous méprise parce que vous êtes AE, en vrai tout le monde s’en moque.

Les AE ont très mauvaises presse, sans mauvais jeu de mots, pas uniquement à cause de leur style littéaire, de leur couverture, des fautes, etc. Ils ont aussi mauvaise presse par leurs comportements. Alors calmez-vous avant de dire « ouais mais moi, j’suis pas comme ça, parce que gnagnagna gnagnagna. » VOUS n’êtes pas TOUS les auteurs autoédités. C’est un peu comme dire que TOUS les plombiers sont pratiques des tarifs exorbitants, que TOUS les garagistes sont des truands, que TOUS les banquiers sont condescendants. Ce sont les mauvais qui restent en mémoire.

Justement parlons des : stéréotypes.

Les stéréotypes sont là parce que oui, clairement, certains abusent et que forcément on a un posteriori sur une profession, une catégorie de personne etc. Ne dites pas que les libraires ont un préjugé sur les AE car c’est faux. Ils ont en revanche un postjugé. Les préjugés/stéréotypes ne naissent pas en amont, mais une fois que l’expérience a eu lieu et qu’elle s’est répétée. Alors oui, comme dans tous les métiers les postjugés ont la vie dure parce que ce que l’on garde en tête ce sont les mauvaises expériences. C’est dommage, mais c’est ainsi que fonctionnent les humains.

Je connais des AE qui ne se plaignent jamais du traitement qui leur est réservé en librairie, tout simplement parce qu’à la longue ils sont parvenus à créer une vraie relation de confiance, cela ne s’est pas fait en une fois, cela a mit du temps, parce qu’une vraie relation de travail met du temps à se construire, partez de ce constat : l’écriture est un travail et tout ira bien.

Alors quand je dis que certains auteurs sont des fainéants, cela peut choquer, mais déjà je ne dis pas que tous les auteurs sont des fainéants, mais certains effectivement le sont. Pourquoi ? Parce qu’écrire est un métier, quand on refuse d’endosser toutes les missions de son travail (alors qu’on les connaît en amont) c’est de la fainéantise. Le prospect des librairies, les dédicaces font parties du travail d’écrivain. On peut refuser certaines missions, on peut refuser d’aller loin pour son travail, on peut refuser de faire des salons, on peut refuser certaines missions MAIS on ne s’en plaint pas. Si dans votre profession vous devez faire des voyages à l’étranger pour rencontrer d’autres compagnie mais que vous n’en avez pas envie ou que vous ne le faites pas par obligations familiale, vous n’iriez pas vous plaindre que votre patron ne vous verse pas de prime, pour l’écriture c’est la même chose.

Pour moi, refusez de prendre le temps de nouer une relation avec les librairies est de la fainéantise, encore une fois la fainéantise ne réside pas dans le fait de faire le choix de ne pas le faire, mais dans le fait de ne pas estimer nécessaire de nouer cette relation et de s’en plaindre. Alors pour ça, il faut aussi aider la librairie, comme partager quand elle fait des événements, mettre des publications sur les RS, montrez que vous vous impliquez dans leur sens. SPOIL ALERT : ça s’appelle l’échange ! C’est très apprécié dans le monde du travail !

Je ne dis pas que c’est facile. Je ne dis pas que certains libraires ne refusent pas d’office les AE, mais au lieu de rester dans l’échec et de gémir sur les méchants libraires, allez voir ailleurs, restez positif.

Encore une chose, vous croyez vraiment que les libraires n’ont pas accès à internet ? Si vous passez votre temps à vous plaindre qu’ils bossent mal, qu’ils sont méchants, votre nom, ils vont le garder en mémoire et pas pour les bonnes raisons – c’était le petit conseil gratuit vous en faites ce que vous voulez.

Image par Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay

Une réflexion sur “La presse, les librairies et les conférences : 1/3

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s